30 octobre 2011

« Droit au blasphème » ou « droit à l’indignité » ?

Le 23 octobre 2011, le site Enquêtes & Débat met en ligne une vidéo intitulée « Des catholiques contre la liberté d’expression et le droit au blasphème ». Huit minutes de vidéo filmant l’irruption sur une scène de théâtre d'une dizaine de jeunes du Renouveau Français, le déploiement d’une banderole, les huées du public et finalement, l’interruption de la pièce blasphématoire intitulée : « Sous le concept du visage du fils de Dieu », dont c'était la première représentation le 20 octobre 2011, à Paris.






Un spectacle public d’environ une heure, financé et médiatisé par la bien-pensance artistique, où le visage immense d'un Christ en toile de fond est lapidé, puis couvert d’excréments humains. Un spectacle scandale, qui se veut scandale pour lui-même et non, hélas, pour ce qu’il a réellement à dire.

Une occupation des planches, donc, réalisée « avec fermeté » s’empresse de rapporter Enquêtes et Débats, histoire de faire sentir, à tous ceux qui n’auraient pas compris qu’une action de ce type nécessitait, évidemment, un minimum de fermeté (nous préférons l’expression plus claire : avoir des couilles), ce petit soupçon de fachisme, dont est entâchée toute action musclée qui n'est pas d'’extrême-gauche.

Sur le titre, premier dérapage. Personne, en effet, parmi ces jeunes chrétiens, ne saurait se dire « contre la liberté d’expression » en tant que telle, ainsi que le suggère fallacieusement l'intitulé.  Personne en France, mais on peut ajouter : personne parmi tous les chrétiens, car  nul chrétien n'ignore ce qu’il doit à la liberté d’expression, jaillie des viscères du Christ, et devenue le ferment de notre civilisation.

Ensuite, ce commentaire bref d’Enquête & Débat collé sous la vidéo :
« Et oui, il n’y a pas que les musulmans qui sont pour l’abolition du droit de blasphème, on l’avait déjà vu avec le Piss Christ, on comprend mieux pourquoi l’Eglise catholique favorise l’avancée de l’islam » Un commentaire signé Jean (Robin ?), on n'ose y croire...

Pour un site d’« enquête et débat », qui se veut anti-pensée unique, nous voilà replacés  confortablement sur les rails du politiquement correct ! Abolitionnisme, Droits-à-tout-va, Manigances-de-l’Eglise...  

Où est censé se situer le débat ?

Après avoir fatigué notre vocabulaire de concepts forgés à partir du mot « droit », sans cesse confondu au mot « liberté », il fallait bien innover : voici donc le  dernier de la famille, le « droit au blasphème », enfant bien tardif et à la paternité douteuse.

A force de se référer aux grands principes humanistes, on en oublierait, en effet, la notion de dignité. On en oublierait cet autre principe fondamental qui est : la justice. A force de  brandir de bons principes droitdelhommistes, on oublierait enfin, de tous les principes de notre humanité, celui qui surplombe tous les autres : le principe de réalité.

La réalité, c’est l’exaspération. Les chrétiens sont les seuls à pouvoir être insultés publiquement, officiellement, médiatiquement et (dont acte) « artistiquement ». Les seuls à devoir se taire, ou se contenter d’une presse diluée ou marginalisée, une télé fantoche. Les seuls à rougir  honteusement, de leurs joues dodues. Les seuls à être montrés du doigt dès qu’ils agissent ou usent de force (mais non de violence) pour rejeter un projet scandaleux qui les vise directement, intimement, violemment. Les seules victimes à être mises, par la presse et les medias, au ban des accusés.

La justice, c’est toujours la même. Celle qu’on réserve aux autres. Car les chrétiens sont les seuls à qui, en France, l’on n’applique aucun principe de réciprocité. Ne parlons pas d’égalité de traitement avec les autres religions (judaïsme, islam) scandaleusement surmédiatisées et surprotégées, mais simplement, de notre actualité sociale quotidienne qui abonde de blocages organisés par les Syndicats, les Verts, les artistes... par toute cette gauche qui remet en cause ouvertement notre liberté de circuler, de travailler,... sans que personne ne vienne siffler, même gazouiller, sur ces mises entre parenthèses de nos-droits-et-libertés fondamentales.

La dignité, c'est quoi ? C’est ce qui fait que, même si nous avions la possibilité de salir, nous chrétiens, tel ou tel prophète-bourreau par  des propos scatologiques, d’asperger de fiente la dignité des autres croyants (ou incroyants) dans l’idée de valoriser la nôtre, nous ne le ferions pas. Une sérieuse nuance, au demeurant. Un de ces principes que les professionnels du code civil  auront du mal à transposer en termes juridiques, mais qui existe, et dont nous avons besoin.

La liberté d’expression n’a rien à voir là-dedans. Évidemment. Il est clair que, au delà de cette action du Renouveau français, qu’il faut comprendre (du moins raisonnablement, et nous le comprenons ainsi) comme un coup d’éclat médiatique bien mérité, il n’est pas question de censurer. C’est absurde. Que Mme Christine Tasin se rassure, il sera toujours possible de conspuer les excès des religions. Mais juste rappeler la frontière de l'acceptable.

Le simple bon sens aurait dû faire en sorte que ce spectacle ne fût jamais porté à l’affiche, ni subventionné. Mais restât dans les délires d'un créateur en manque d'inspiration, un pauvre type prêt à tout pour se faire connaître. Avec, peut-être, cette remarque que, conchier le Christ 2000 ans plus tard, prouve combien son "message" dérange. Mais nous aurions, personnellement, voulu croire que 2000 de civilisation et quelques siècles d'humanisme nous aient permis d'évoluer... pour le dire autrement qu'avec des excréments.

De même qu’on ne subventionne pas les boîtes à partouze, ni qu’on ne laisse ériger de phallus géants sur la place publique : quiconque agira dans ce sens n'est pas un immonde catho qui censure, mais un citoyen responsable et digne...  Le couple scatologie-religion, du reste, ne fait honneur à aucune intelligence humaine, à aucune société civilisée, et on n'avait pas vu reparaître cette union dégoûtante depuis les pires accès de démence révolutionnaires ou luthériennes.

Et puis, pour être franc, donner à entendre, avec un certain empressement, aux catholiques qu'ils ne sont pas assez ouverts à la 'critique', alors que, depuis un siècle, et même deux, l'Eglise de France et les cathos sont passés à la moulinette des plus récurrentes injures, est un réflexe assez déplacé, un manque de recul révélateur... Tant qu'elle ne confine pas à la violence la plus immonde, la critique est admise et légitime, et ce n'est pas aux chrétiens qu'on va apprendre cela ! Inutile de raviver des procès "d'intolérance".

Si on avait voulu poser un vrai débat, on aurait peut-être mieux fait de dire que le blasphème a beau être toléré dans nos écrits, dans nos paroles, il est moins bien accepté dans les images, et encore moins dans les actes. Notre société n'y est pas prête. C'est ainsi, et c'est tant mieux : le "poids des mots, le choc des photos" n'est pas qu'un slogan publicitaire, c'est surtout une réalité psychologique, naturelle. On aurait pu, dès lors, aborder la question du respect des choses sacrées (qui s'impose admirablement même aux athées), et du rapport qui existe entre la qualité d'une critique antireligieuse et les arguments pour le dire : car, s'il s'agit de balancer des étrons... 

Arrêtons avec l’hypocrisie qui consiste à laisser croire que la sacro-sainte « pluralité », que la « liberté » culturelle, doivent être respectées. Elles n'existent pas. Les spectacles parisiens subissent tous un tri sélectif à la base, une censure indirecte, un écrémage idéologique ou politique. Mais quand c'est la gauche, personne ne moufte. Un « tri » culturel, véritable tabou des démocraties modernes... que M. Jean Robin serait inspiré d'inscrire dans le tome II de son Dictionnaire des débats interdits. Monsieur M’Bala M’Bala en sait quelque chose. Mais, évidemment, lorsque des chrétiens s'aventurent sur ce terrain, là, ça vocifère ! Quelle bande d’hypocrites !
Pas question non plus d’interdire les immondices corporelles, à condition qu’elles restent dans l’espace privé et ne portent pas atteinte à la dignité de l’homme. Pas question d’interdire les provocations, si elles ne viennent pas « troubler » l’ordre public. Pas question de se servir de l’argent, ou de l’espace public, pour faire plaisir à une partie de la population française au dépens d’une autre.

Or là, c’est le cas.
En ce sens, cette action est donc tout à fait justifiée.
Elle est un appel, signifiant qu’au-delà de nos libertés, il y a la dignité.
Elle est aussi un rappel que la France, bien que laïque, doit savoir accepter sa  part chrétienne, et ne lui porter aucune offense publique.







23 janvier 2011

En finir avec la propagande de la capote miracle

En privilégiant un discours violent et trompeur sur le préservatif, en cherchant à l’imposer partout, et en rejetant les propos responsabilisants et réalistes sur la sexualité - première cause  du sida - on peut se demander si les politiques menées par les extrémistes communautaires homosexuels ne sont pas responsables de nombreux drames involontaires, voire... de nombreux décès à travers le monde.

Trompeur car l’usage du préservatif n’est pas l’unique façon d’éviter le VIH, nous le savons parfaitement, et plus généralement, en matière de maladie sexuellement transmissible, il n’existe pas qu’une façon de se protéger. N’en déplaise à certains, obnubilés par leurs options personnelles ou l’idée égocentrique qu’il se font de la société, d’une maîtrise impossible de la sexualité, ou d’un fatalisme hédonique, l’usage du préservatif est une réponse parmi d’autres. Et certainement pas la plus fiable. La fidélité conjugale, le choix des partenaires, l’abstinence sexuelle sont plus sûrs, plus répandus dans le monde et même, plus assimilables en raison de leur essence morale universelle.

Trompeur car la fiabilité totale du préservatif n’est pas avérée, et dépend de nombreux facteurs liés aux comportements, à l’utilisation et aux mentalités de ceux qui s'en servent, qui ne sont jamais entièrement maîtrisables et doivent, en conséquence, faire l’objet d’un réalisme et d’une transparence absolues. Ecarter les études scientifiques qui mettent en doute la fiabilité du préservatif ou cherchent à analyser ses risques, est faire preuve d'esprit anti-scientifique. Ignorer la réalité de comportements dits « à risques » dont on sait désormais – c’était une évidence - que beaucoup persistent par manque de responsabilité, par des circonstances aggravantes, ou simplement par banalisation de l’acte sexuel, nier les appréhensions à recourir au préservatif, qui sont naturelles et participent du mécanisme de vigilance... sont autant d'attitudes qui ne peuvent faire croire à une démarche vraiment honnête et réaliste de la part des partisans du préservatif. On ne soigne pas un malade malgré lui. Il en va de même en matière préventive, où l’on ne saurait agir efficacement sans s’assurer qu’un individu met en oeuvre ce qui lui convient au mieux, pour sa protection.

Trompeur enfin car, dans toute campagne de prévention, il n’existe pas qu’un seul discours, un seul moyen d’agir. Cela aussi nous le savons. En l’occurrence, l’usage technique du préservatif est une chose, le cadre moral dans lequel il s’inscrit, en est une autre. Au moins aussi importante, si ce n’est plus. Or, sur le plan moral, il faut bien reconnaître que la compétence des groupuscules faisant de la propagande acharnée pour le préservatif, laisse un sérieux doute. L’inefficacité des politiques de prévention menées au sein de la communauté homosexuelle, eu égard aux moyens colossaux mis en œuvre, et malgré un volontarisme indéniable, est édifiante. Elle stupéfie, même, par sa contrexemplarité. Le message schizophrénique du type : « Faites ce que vous voulez, puisque vous serez protégés » est un véritable déni de responsabilité.

Ainsi, faire le tri dans les politiques de prévention, en se prononçant exclusivement en faveur du préservatif au détriment de toute autre approche, adaptée à la réalité des gens, à leur diversité, et à la dignité de la personne humaine, apparaît de plus en plus incohérent. Que dire alors, lorsqu’on en vient, non plus seulement à dénigrer  toute forme d'« humanisation de la sexualité » parce que, soit-disant, ça serait "moralisateur" et que l’on n’y croit pas une seconde, mais qu’on veuille condamner, dissuader ou interdire tous ceux qui veulent y arriver ? 

C’est proprement criminel.


14 juillet 2010

Défilé du 14 juillet : tirez pas sur l'ambulance !

Le défilé du 14 juillet est, chaque année un peu plus, une bouffée d’oxygène.

S’il faut bien reconnaître que les journalistes ont quitté, d’apparence, leur dégoût de l'armée et de ce cérémonial "ringard, militariste et fachisant", pour retransmettre une émission complète, imagée et assez bien commentée, cette fois-ci, nous ne sommes pas dupes. Les raisons sont à chercher ailleurs que dans leur professionnalisme.
La première est sans doute que nous n’avons plus beaucoup d’exemple en France, aussi parfait, de grandeur, de courage, de dignité. Ni aucune passerelle solide entre Histoire et Réalité. Et que le contraste entre la décadence française (institutions, valeurs, culture), et ces jeunes dévoués, prêts à être estropiés d’une jambe, ou se faire charcuter pour un idéal de paix, ou de bien commun, est devenu trop lourd. 
On souffre de ces deux France.

La seconde raison est qu’ils sont friands de potins, les journalistes. Ils aiment la scène politique et adorent ses bassesses. Il faut dire que voir défiler en tribune les comédiens lamentables de la politique, et attendre leur prochain faux-pas, remplit de bonne soupe l'assiette du spectateur. 

Entendre Mme Bachelot dire qu’elle a « un grand sentiment d’émotion » ou Sarko faire tomber de sa chaise "ni vu ni connu", son livret, comme on pousse dans le métro un 20 Minutes à terre, pour vite-vite occuper une place. On ne leur en tiendra pas rigueur : les politiciens ont autant de respect à recevoir qu’ils en ont à donner. C’est-à-dire, peu.

Mais on ne peut s’empêcher de penser que, sur cette trompeuse « plus belle » avenue du Monde où tant de vols, d’agressions, tant de peurs s’installent chaque samedi, des valeureux passent une fois l’an, sous les yeux de puissants coupables. Coupables de la situation de leur pays, désespéré, appauvri.

Combien de chefs africains auront plus à cœur, après ce défilé, de développer les structures et l’économie de leur pays, plutôt que d’équiper leur garde rapprochée d’armes ultra-modernes ? A quand le défilé des œuvres sociales, pieuses, charitables ?

Il ne s’agit pas d’anti-militarisme, mais de ne pas donner de la confiture aux cochons. Ou plutôt si : donnons-en, de cette nourriture d’ordre, de dévouement, d’intégrité comme celle-là. 

Mais alors, tous les jours !

07 juin 2009

Osez... donner des idées douteuses à la jeunesse

Voici le genre de publicités diffusées aux Ados, sur Face Book :

Dans le même goût, il y a aussi :
Osez la sodomie, de Coralie Trinh Thi (actrice porno, co-réalisatrice du film Baise-moi)
Osez l’échangisme, d'Hélène Barbe
Osez la fessée, d'Italo Baccardi
Osez tourner votre film X, d'Ovidie
Osez faire l’amour à 2, 3, 4, de Marc Dannam.
Sans commentaire.

Ah si, j'oubliais, le plus sordide :
Osez réussir votre nuit de noces, de Marc Dannam

On attend donc avec impatience le prochain livret :
Osez caresser des mineurs, par Daniel Cohn-Bendit

29 octobre 2008

Peau d'âne et le "mariage gay"

Jacques Demy
Peau d'âne
1970


- Ma chère enfant ce serait une grande faute que d’épouser votre père. C’est très simple, il faut le décourager sans le contredire.
- Mais je l’aime !
- Je sais que vous l’aimez, mais je vous l’ai déjà dit, vous confondez les amours.


Que diraient les fanatiques du "mariage gay"
des sages conseils prodigués par la fée des Lilas ?


Complexe de Peau d'âne les homos ?

12 octobre 2008

Sortez de la Matrix


Octobre 2009 : enfin un message simple, lucide, parvient aux parisiens.

Sortez de la matrice !
http://www.afe-blog.com

Vive le Roi

03 juillet 2008

Quand on vous dit que les journalistes sont des pourris...

Il suffit de voir cette entrevue de Marine Le Pen par un "journaliste" - terme impropre pour cet usurpateur, ce parangon de la malhonnêteté, j'ai nommé : M. Jean-Michel APHATIE de RTL :

http://www.frontnational.com/multimedia_tv_detail.php?id=253

Ce monsieur qui se croit journaliste mais dont tout le travail en vérité, consiste à s'acharner sur la représentante d'un parti tout à fait digne, devrait changer de métier, et suivre une psycho-analyse. Car, chercher la discorde, insinuer le mal, jouer la déstabilisation, fuir les vrais sujets, et provoquer sans relâche une élue du peuple français, une femme politique très respectable, à propos de déclarations anecdotiques sans rapport avec la politique (l'avis de M. Le Pen sur un film ! ou la mauvaise interprétation que l'on fait depuis 20 ans de sa vision d'un point particulier de notre Histoire !), bref sur des choses souvent déformées ou erronées, du reste, attise la violence mentale, et bâillonne encore les Français.

Comme si, lorsque le vitrier arrive chez vous pour changer un carreau, vous le mettiez en demeure de déboucher vos chiottes... On sait où il veut en venir ce pantin malpropre : faire un scoop, la chasse au nouveau propos diffamatoire ? Se prendre pour un héros ? Donner un sens à sa carrière ?

Jugez sur pièce. C'est on ne peut plus éloquent. Si l’on reprend un par un les 5 thèmes choisis par ce Monsieur :

1) la politique de Sarkozy (sujet général censé rassurer l’invitée).
2) puis on attaque : le Front National va « mal ».
3) Déclaration sur les chambres à gaz.
4) Les "Arabes" dans le Film les Chtis.
5) Bruno Mégret.

Et pendant ce temps, la situation de la France, les préoccupations des Français, qui en parle ??

On le voit venir, on le sent venir, et ca sent pas bon.

Ne voit-il pas, cet âne, qu'il se couvre de honte ? Pire encore, qu'il nuit à sa profession en procurant un sentiment de révolte et que, à force, par milliers de procédés nauséabonds comme cela, les journalistes paraissent de plus en plus odieux aux yeux des Français, qui veulent de vraies idées, de vrais débats. On en dira ce qu'on veut, cette entrevue est un exemple parfait de ce qui caractérise les mauvais journalistes - toujours plus nombreux. Simple constat. Une profession qui va mal, et qui se demande pourquoi ...

Ce monsieur Aphatie de RTL devrait même être poursuivi en justice pour avoir déclaré "on ne sait pas quelle entreprise française embaucherait Bruno Mégret" parce que cette phrase relève simplement d'une discrimination à l'embauche ou, plus exactement, d'une incitation claire à la discrimination.

Mais là, motus; personne ne réagit.
Quand la justice s'applique aux uns, pas aux autres.
Et que c'en est criant.

Marine contre les loups.
Ne peut que forcer notre admiration.
Courage Marine !

(et après on dira que je suis mariniste ...)

24 mai 2008

Lobbying pro-gay : nouveau cas d'école

A propos d'un Français, M. Frédéric MINVIELLE, "marié" avec un homme en Hollande et déchu de sa nationalité en application d'un accord entre la France et les Pays-Bas sur la double nationalité, que le plaignant attribue donc à une conséquence de son homosexualité....

http://www.dailymotion.com/video/x5a7ge_frederic-minvielle-nest-plus-franca_news

C’est le monde à l’envers !

Outre que ce Monsieur aurait du demander à conserver sa nationalité - ce qu’il n’a pas fait - la finalité de sa demande montre de toute évidente que la question de la nationalité n’est pas son véritable souci, qui est plutôt de dire à la France « je veux que la loi change » en faveur de son type d’union. Lui qui est néerlandais – ça, par contre il le sait – et vit dans une culture et avec des règles différentes - ça, il le sait aussi... et pour cause !

Toute cette affaire est cousue de fil blanc, et ce type se fait manipuler par le lobby gay.

Du reste, sa façon immédiate de dire « je me sens discriminé » est peu naturelle et montre à l’évidence qu’il cherche à placer absolument le mot « discrimination » dans le débat, dans le plus pur politiquement correct.

Car si, pour lui, c’est le « même mariage », ce Monsieur devrait penser un peu aux autres. Et notamment aux quelques 60 millions de ses compatriotes que ce Monsieur passe sous silence, probablement aussi par « ignorance » calculée. S’il était vraiment démocrate, il demanderait que la question soit tranchée démocratiquement par un référendum, et nous verrions alors si sa façon de concevoir le « même mariage » est unanimement partagée.... N’en déplaise à ce Monsieur, il serait tout à fait légitime que le peuple français puisse s’exprimer au sujet de ce "mariage gay" et dire clairement : non ce n’est pas le même mariage !

A la vérité, le simple bon sens voudrait en fait que cette affaire reste une simple question de paperasse, voire de double nationalité, et ne devienne pas une histoire de "droits des gays".

Parce qu’enfin, si ce Monsieur Minvielle était parti se faire polygame dans un autre pays, ça serait encore à la France de changer sa loi ??

21 mai 2008

Francophonie, Billevesées et Mâchouillon

A propos de l’émission de Philippe de Saint-Robert sur Radio Courtoisie du mardi 20 mai 2008.

On pensait être à l’âge de l’homo sapiens, un tantinet sapiens sapiens même : vrai ou faux, ce frontispice du Panthéon moderne de la science que l’on a accepté scolairement, est un symbole, mais avec M. Cotta nous passons au stade soi-disant plus évolué de l’homo oeconomicus. Tout dépend sur quel terrain on se place, et là est bien le problème.

Non, M. Alain Cotta, professeur émérite d’économie, se trompe: prétendre que la politique n’est gouvernée que par l’économie reflète un manque total de lucidité. C’est oublier combien de lois, de décisions politiques, sont prises annuellement sur le simple fondement de considérations idéologiques.

Tenez, traiter quelqu’un de blanc-bec ou de face de craie, par exemple (juron jadis légitime en Martinique), n’a rien d’économique, son interdiction non plus. Et pourtant, grâce à l’idéologie dominante, il vous en coûtera un an de prison et 45 000 euros d’amende et ce n’est pas ce bénéfice-là, cette cagnotte de la Honte, qui a présidé à la loi; car la HALDE s’en tape pas mal des maigres recettes qu’elle fera faire à l’Etat surendetté (sachant que son fonctionnement nous coûte sûrement plus cher, donc bénéfice zéro), grâce à des propos diffamatoires ! Les mots coûtent chers désormais en Ripoublique, mais n’en déplaise à M. Cotta, avec du fric on ne fait pas des idiomes, mais des idiots ! Dût-elle même nous faire perdre de l’argent, l’idéologie d’Etat avance. Telle est la réalité.

Selon M. Cotta, l’hégémonie amerloque par le biais de l'économie, s'exprime donc en matière linguistique, et est la cause de notre mauvais parler national : on aura tout vu ! Il est vrai que, lorsqu’on vit dans une maison qui n'a plus ni porte ni fenêtre, cher monsieur Cotta, il est certain que le vent risque d'y pénétrer... Et comment faisait-on, avant ? Ne traduisait-on rien ?

Quand on attendait simplement de la Madame la... ou le Ministre de la Culture, ou tout autre que Mme Albanel, fantoche-actionnaire, on l’a compris, qui n’a que l’influence qu’on lui prête - ou pire, qu’elle ne daigne pas prendre – ou Madame la Secrétaire d’Etat à la francophonie (c’est vrai, on en a une !), bref, que l’une de ces dames payées à rien foutre prît une véritable décision ! L’équation étant : Ministère = Francophonie + Décision et non Ministère = Je palpe + Je glande.

Nul besoin d’invoquer une recette fiscale, un levier économique, ou un impôt supplémentaire, pour décider une chose simple : interdire à un jeune homme de représenter la France lorsqu’il chantera en Anglais à l’Eurovision 2008. Compliqué ? Peuchère, oui, pour ceux qui pensent qu’il est toujours « interdit d’interdire », tout devient si vite compliqué ! Et si vous n’aimiez pas interdire, braves gens, vous auriez dit « faire pression » on aurait aussi compris...

La controverse sur la sexualité des substantifs de fonctions ou professions (type ministre, professeur, docteur), n’est qu’une lanterne, on le sait. Il convenait juste de rappeler que cette diversion post-soixanthuitarde entretient un feu idéologique libertaire, bien plus qu’une intention honnête d’enrichir ou de respecter l’usage de notre langue.

Oser avancer comme argument qu’en 1789 10 % des Français parlaient français, et alors ? quel rapport avec la choucroute ? est-ce une manière de relativiser ce que notre histoire nationale a réalisé depuis deux siècles ? Vision tronquée : le français était peut-être parlé par peu de gens à l’époque de la Révolution, entre nous cela dit: mieux vaut 10 % de gens qui défendent une langue juste et prometteuse et le reste de paysans qui patoisent respectablement, que 90 % de contemporains qui parlent décidément mal leur langue!

Autre argutie: tous ces livres sur les étalages des libraires, toute cette production littéraire, censée démontrer que notre langue est riche et encore vaillante ! Ma bonne dame ! Mais où est la qualité là-dedans ? ces pisse-feuillets et négrillons n’écrivent pas, ils bavent sur du papier. Et c’est bien là le problème: que les Français parlent français, oui, mais quel français ? Mais précisons tout de suite: un français protégé ne veut pas dire un français immobile, ultra-conservateur.

La dictée de Pivot ? Il s’agit d’un exercice de style, fort louable du reste, un concours de plates-bandes, un championnat d’érudits, piquant mais pédant. Non un plaidoyer pour une langue française intelligente et utile. La Dictée de Pivot c’est bien, mais c’est un peu une guirlande pour Bobos : c’est comme ces gens à qui l’on demande quel est leur mot préféré de la langue française et qui prennent des pauses inspirées, en quête de syllabes buccoliques et qui, satisfaits, se rengorgent bourgeoisement en trouvant que c’est Beau le français, c’est une langue riche quand même. Utile, la francophonie ! Mais utile à quoi ? Posez-vous donc un peu la question, messieurs...

M. Cotta tire la couverture à l’économique, mais sa monomanie l’aveugle. Il aurait mieux valu qu’il reparte avec sa canne comme il est venu, discourir ailleurs de « déficits extérieurs » ou d'« excédents chinois» bref, de ses cornichons habituels, alors qu'ils s'agissait d'un débat sur la francophonie ! Donnez-nous des arguments d’Aimer le Français, M. de Saint-Robert, et de le Défendre. SVP.

L’Académie française : temple, musée ?

L’intervention précédente, de M. Jean-Marie Rouart, de l’Académie française, fut d’une platitude intellectuelle, limite politiquement correct : devant le recul du français, « les Académiciens font ce qu’ils peuvent ! » Dixit. Eh bien non, car la francophonie, en France, est en crise. Et il serait bienvenu que nos académiciens, au lieu d’admirer leurs palmes, exercent leurs responsabilités, fussent-elles seulement morales. Leur noble Institution ne manque pas de moyen d’action. Puisque ce sont des idées que nous attendons, des mots neufs, des plans d’action. Pas la lune !

Est-ce si difficile de trouver un peu de temps et d’énergie pour défendre notre langue, au lieu de se dépiter dans un micro avant de roucouler sur son dernier roman ? Il devient assez difficile, dès lors, d’excuser cette « Entreprise Dictionnaire » qui a pris 15 ans pour aller de A à Piécette, de féliciter ces vieux qui continuent de fabriquer des cuillières quand le bateau coule, redorent le chapiteau du temple quand les colonnes vacillent sur leur base.

Ou alors, autant avoir l’honnêteté de dire que l’Académie est un vieux panthéon, une simple prime de carrière. Qu’on cesse de nous faire croire que la Défense de notre Langue revienne à ce cénacle de concierges. Voici ce que nous lisons sur le site de l’Académie française, en parlant de son rôle: « Aujourd’hui, elle agit pour en maintenir [la langue française] les qualités et en suivre les évolutions nécessaires ». Que triomphe, messieurs !
Suivez, suivez donc... mais le train est déjà parti sans vous.

Devant l’invasion lente de l’anglais/américain et la couardise de nos politiciens, secouer le joug de la passivité, trouver des solutions, était cependant possible : l’argot, nos patois locaux, l’exemple de nos cousins québécois, autant de pistes néligées ! Sans compter, pour finir, l’ingéniosité des enfants !

Merci donc, Saint-Robert, pour ce touchant, ce magique « mâchouillon ».
Oui le mâchouillon. Pour remplacer - 50 ans plus tard, notre bon vieux chewing-gum.
Seul joyau de l’émission.

10 mars 2007

Journalisme français, servitude impérialiste

Introduction
paragraphe 2:
Le journalisme français est l'art de faire croire au peuple ce que le gouvernement juge opportun de lui faire admettre.

paragraphe 4 :
Son but est d'assurer le maintien du régime par-delà tout changement des circonstances et de maintenir les esprits, en dépit des sollicitations du moment, dans un état de dépendance muette.

paragraphe 8 :
Rédiger divers journaux qui 1) déforment tous les événements qui se produisent dans le monde et néanmoins 2) gardent assez de crédibilité.


Heinrich von Kleist, Manuel du journalisme français, 1810.

23 janvier 2007

L'identité française : contre-offensive

(à propos de l’émission Ripostes, gesticulée par Serge Moati, du dimanche 21 janvier 2007)

Regarder la téloche, ça crispe. Mais regarder une émission journalo-politicienne, ça fige : ou bien ils n’ont rien retenu des leçons de 2002, ou bien ils ont tout perdu de leur faculté d’être honnête. Ou bien les deux ? Jolie parure de la pensée unique, cette émission brille en effet comme un collier de perles. Un collier parfait où toutes les perles ont la même taille mais aussi le même trou, celui de l’intelligence. Le même calibre, celui de l'hypocrisie.

Le principe : jouer à mistigris. Barboter dans la marre nauséabonde de la politique, enrager, contenir sa bile, montrer qu’on ne craint pas le Front National. Serrer les fesses. Le but est subtile : poursuivre une thématique de droite : qu’est-ce que l’identité française ? Soutenue par quelques sous-titres, histoire de rassurer les anti-fachos : la Marseillaise, chacun sa France à soi, une litanie de noms au sommet du temple : Blum, Ferry, Guy Môquet, Camus, Jaurès, Mitterrand, voilà la France idéologique de Moati. Des pseudo-héros invoqués dans un prologue, une sorte de slam gesticulatoire, subliminal. La France de Diam's, il le dit. Pauvre France !
Mettre au bout de l’hameçon, donc, une thématique de droite et faire en sorte de ne jamais mouiller sa ligne, de ne jamais répondre à la question posée, et d’ailleurs de ne jamais se la poser, cette question.

Les joueurs : une demi-douzaine. De la classe politique qui radote, s’offusque, exhale la haine à force de l’avoir trop cherchée. Qui ne répond pas quand on l’interroge, et qui répond quand on ne l’interroge pas. Un Jean-François Copé maniant la langue de bois comme au bon vieux temps. Un Chevènement rappelant les lois inefficaces qu’il a fait voter, posant de son air abruti en pater familias d’une classe politique qui refuse de s’avouer malade. Une Laguiller azimutée dans un monde perdu où la sagesse ne vient pas avec l’âge, bêlant sur des rencontres tragiques avec des ménagères d’immeubles que personne ne connait. Un Monsieur Tchicaya sorti d’on ne sait où, qui n’a pas su prononcer une phrase intelligible de toute la soirée, et dont la présence devait servir probablement à pimenter le menu.

Et puis, un Werther’s original: Marine Le Pen.

Il y avait pourtant une astuce à ce jeu - cela devient une habitude : laisser s’exprimer le Front National afin qu'il fasse tout le boulot (si Marine Le Pen se fût plantu, on se serait bien gaussu), et tenter, une fois les vraies questions posées, de lui repiquer le bout de gras sans se faire chopper. Façon guerre du feu. Du reste, quand cela serait criant, tous mentiront. La partie consiste alors à couper le plus possible la parole à Mme Le Pen afin qu’elle ne s’aventure pas sur le terrain, redouté par tous, des réponses.

L’ouverture de ce petit bal des vampires, il faut dire, a été magistrale : les petites bagarres de ce niveau, effectivement, je préfère ne pas participer, furent ses premiers mots, quand l'émission depuis un quart d'heure se répandait en querelles de clochers inintelligibles et hors-sujet. A force de jouer à la politique, politiciens et journalistes ont perdu le sens commun. Et la question qui aurait du être une question-piège, jetée en pâture à la vice-présidente du FN : être français, c’est quoi ? histoire qu’elle nous remâche un ou deux poncifs facho, se transforme soudain en un moment d’émotion et de vérité, une histoire d’amour avec la France que personne n’attendait, mais à laquelle il a fallu tourner le dos rapidement pour rejoindre une réalité sociale et politique plus dramatique. Un exposé parfait. Une leçon pour toute la classe.

Force est de constater qu'indépendamment des idées de son parti, chaque apparition de Marine Le Pen est une capsule d’oxygène. Souvent une fulgurance. Ses adversaires n'en reviennent pas de voir comment cette jolie blonde à la voix tubulaire et aux dents asserrées a fait pour hériter de l’éloquence paternelle (que tout le monde jalouse): la réponse n’est pas atavique ni peroxydée, elle est logique. Elle est le bon sens. La cohérence. Au delà même du discours politique, il est évident que la seule personne qui fasse preuve d’un esprit vivace et clair, conforme à l’intelligence de la situation, c’est elle. Redoutable Marine (Eugénie, Claire, Sophie). Elle s’avère par sa présence dans le débat et dans la réalité politique française, l'une des voix les plus limpides et justes.

Chevènement est un aspirateur fou, il récupère, il copicollie : ici, l’idée lancée par Marine Le Pen d’amour pour la France, là l’argument lancé par Laguiller que le travail est facteur d’intégration, alors que Marine Le Pen noyée dans le brouhaha, fut la première à le lui reconnaître sur le champ. A avoir cette honnêteté. Chevènement pille après récolte, écrase, puis repart avec un lot de conneries : il manque à la France un grand projet qui la soulève d’elle-même, qui redresse l’Europe, ou bien : être Français c’est avoir la volonté d’être français ou mieux : Le couscous est un grand plat national. Non, la tradition culinaire ne se calque pas sur les chiffres de l’immigration, y a maldonne.

Le paroxysme a été de faire avouer (personnellement je l’ignorais) à Mme Laguiller qu’elle méprisait les problèmes de la France au profit des problèmes du reste du monde (« Vous savez, je me sens plus citoyenne du monde que française, ça c’est sûr »), c'est sûr, mais grave. Personne ne réagit. On en oublierait les sphères concentriques qui définissent chez l’homme, le degré de son attachement naturel aux autres: sa femme, ses proches, sa famille, son village, son pays, sa nation. Pas évident pour tous, apparemment...

Cela se rapproche, tenez, puisque j’en suis aux émissions de téloche de ces derniers jours, à une intervention de M. Contassot, le bien nommé, sur Direct8, disant à peu près la même chose : « la réalité, c’est pas la France c’est l’Europe ». Histoire de dire qu’après avoir infligé à notre pays la gangrène, bien que n’ayant toujours pas fini d’en épuiser les subsides, les verts pastèques (vert dehors rouge dedans) et autres plurielles, n’en veulent plus et réclament un joujou neuf, plus ambitieux : l’Europe. Ils jubilent, rêvent d’autre chose : exporter nos problèmes, notre collectivisme, notre pensée unique, notre politiquement correct, notre sens de la diabolisation, du tabou, de la malhonnêteté intellectuelle, bref, régénérer le virus...

Pourquoi ne dénonce-t-on jamais l’expression même d’Europe sociale ? Qui dit social dit société, non ? Et l’Europe n’est pas une société mais plusieurs, distinctes, vrai ou faux ? Alors, pourquoi égaliser ce qui n’a aucune vocation à l’être, par essence. Des sociétés difficiles à comparer ? et tant mieux, car on peut s’en inspirer, ce qui ne sera pas possible avec un magma mono-réglementé. Si les Portuguais veulent travailler moins, les Allemands plus, les Anglais se soigner différemment, les Hollandais refuser des immigrés, les Espagnols en tolérer, qu’importe : c'est notre richesse ! AFNORiser nos modes de vie, c’est cela l’Europe ? Disons-le clairement : rien n’est plus anti-social qu’une Europe sociale. Rien n'est moins respectueux de nos sociétés variées qu'un modèle social unique. Pour des gens qui nous rabâchent à longueur de temps le droit à la différence, à la diversité, prétendre qu'il existe une Europe sociale, c'est faire un oxymore comme savent en faire les socialistes : un clair obscur, une douce violence, un honnête mensonge !

Tous ces démocrates qui méprisent les problèmes de leurs concitoyens et leur crachent ouvertement à la gueule, on n'en revient pas. Du reste, Monsieur Contassot, enfourchant le canasson de haine inhérent au socialisme, déclarait par deux fois que JMLP était pour lui « l’ennemi absolu »: mais comment peut-on, dans le débat politique, exprimer publiquement de la haine à l’encontre d’une personne - au lieu de réfuter ses idées ? La politique, c'est un fan-club ?

Quelques minutes avant Ripostes, le roi du JT David Pujadas lui aussi, dans son émission Madame Monsieur Bonsoir, usait de méthode partiale et grossière pour retracer l’histoire de Front National : une émission cousue de fil blanc. L’objectif étant de nous faire croire que le FN a poussé tel un champignon sur un populisme honteux : pour le démontrer, on diffusait d’entrée de jeu des images inédites d’un Le Pen des années 70 affalé dans une déco ringarde, siégeant en père de famille vulgaire. Comme ses électeurs. On a pioché à l’INA d’anciens reportages montrant une frange de son électorat piégée au téléphone, afin de stigmatiser un racisme de bistrot (que tout le monde a pratiqué une fois dans sa vie), quand curieusement, l’idée ne vient pas à ces journaleux de fouiller l’électorat semblable des autres partis. Car entre nous soit dit : pas besoin de remonter à 1984 pour s’apercevoir qu’il y a des beaufs. Partout.

Le deuxième objectif était de faire croire que le vote FN est un vote uniquement contestataire : des chômeurs, des pauvres, des malheureux, des frustrés. Idée prisée par nos medias. Alors qu’il est un vote sans doute raisonnable, parce que raisonné. Et il serait temps de dire aujourd'hui, qu’il y a dedans, et derrière tous les partis politiques sérieux, des intellectuels, des professeurs, scientifiques, écrivains, économistes, des hommes cultivés, calés dans leurs dossiers, curieux, ayant une véritable conscience politique. Là aussi, rabaisser l’électorat, le mettre en boite et le déconsidérer, n'est que rallonger la liste sans fin des putasseries journalistiques.

Avec son rictus habituel, Pujadas ajoute qu’un mouvement politique qui s'acharne dans la bataille de l’anti-communiste, après que l’URSS a disparu depuis 15 ans, en est ridicule: ce journaliste ignore sûrement, pour avoir lu trop de prompteurs peut-être, qu’à travers le mot communisme il ne s’agit pas, évidemment, de stigmatiser un pays ni une réalité géo-politique, mais une idéologie totalitaire et néfaste dont la France est l'un des derniers bastions en Europe. Tout le monde sait cela.

Bref, pour en revenir à l’émission de Moati de dimanche, plus on l’a regarde, plus on se félicite qu’elle soit labellisée pour l'enseignement scolaire, cela édifiera. Iseult au pays des Guignols, ça se passe ici :

Je mets ce lien vers le site du FN, parce que le site officiel de France Télévision, curieusement, ne tolère que les bons clients de Bill Gates. Et puisqu'on y est, plus savoureux, plus pédagogique encore, deux jours plus tard, Iseult au ball-trap :
C'est ma préférée si vous voulez savoir; j' m'en lasse pas. Sans oublier, hardi petit, une autre victoire d'Iseult, chez le Grand Inquisiteur :

11 janvier 2007

Lesquen : quel gâchis !

On pourrait croire que la crise qui secoue Radio Courtoisie est une simple querelle de personnes, un accrochage, un orage d’été en hiver. Nous en sommes là, deux ronds de flan plus tard:

- Pourquoi Lesquen a-t-il pris la décision scandaleuse de chasser l’un des patrons d’émission les plus talentueux au motif d’une « faute inacceptable », laquelle ?

- Pourquoi ces deux hommes, dont on sait l’intelligence, ne dépassent-ils pas le stade de la querelle, et ne nous offrent-ils pas une belle preuve de courtoisie, justement, en faisant passer l’intérêt de la Radio et le respect des auditeurs avant leur susceptibilité ? Comme à l’école : chacun ferait ses excuses, on lirait un papelard, rabibochage, statu quo ante. Pour la radio. Et même pour la galerie, les auditeurs auraient compris qu’il s’agit avant tout, dans le combat mené pour la vérité et pour les valeurs de la France, de ne rien perdre de nos forces, de ce dont ils ont le plus besoin, c’est-à-dire tous les talents (le bébête show du mercredi soir, ça ne suffit vraiment pas). Non d'une décision arbitraire.

- Pourquoi aucun patron d’émission, si prompt à défendre l’esprit d’unité et la stabilité de RC, tel un radeau sorti de la tempête, n’a-t-il eu la classe de prononcer un mot de sympathie ou de rappel pour leur ancien collaborateur, déploré une seule fois la brutalité d’une telle décision dommageable pour la radio, alors qu’ils nous ont laissé entendre - et on en reste convaincu – qu’ils possèdent une totale liberté d’expression dans leur émission ? Assez de liberté en effet, pour n'avoir d'autre choix, à force de fuir la polémique, que d'être muselé dans une omerta plus réelle, plus sécurisante. Un choix grossier. Alors que la vérité est force. Nombre d’auditeurs sont orphelins, privés d’explication et, pire, de possibilité d’explication, aucune médiation n’est évoquée, l’idée de réconciliation semble inexistante.

Entre Reichman et Lesquen, on ne tricote pas : quand l’un est homme de courage, d’esprit, d’humour et de lucidité, qui plus est véritable gentleman. L’autre, le versaillais, malgré ses qualités, tout homme de droite soit-il, ne lui atteint pas la cheville. Son exposé vidéo est un navet, et on ne regrette pas, à ce stade, que la radio ne propose pas l'image, c'est assez de se coltiner cette façon grand'bourgeoise et ridicule de parler (mais qui a inventé ça?), ou d'entendre régulièrement un "non, je ne peux pas vous laisser dire ça !". On regrette d’avoir à le dire, mais on le pense très fort.

Bref, on n’attend pas du têtard frigorifiant qui vice-préside un soir de la semaine, d’être un retrancheur ni un juge de ses pairs s’il veut honorer l’action du regretté Jean Ferré, respecter les auditeurs de Claude Reichman et le talent d’un homme qui n’a plus à faire ses preuves. Et RC n’en est pas à une faute ni un écart de langage, près : seulement, dans un cas, on laisse pisser, ou on se plit à lire un message d’excuse, dans l’autre : on limoge.
Quant à faire le rapprochement entre ce renvoi odieux et le putsch des pontes de la Sécu contre le même Reichman, dans la même foulée, c'est étrange. Plus qu'étrange.

02 janvier 2007

La Nativité selon Google


Voilà, pendant les fêtes de Noël, ce que nous ont proposé les manitous du web :


une semaine
de
kangourous
qui tricotent !

Au lieu d’une fête religieuse, avec la joie, la crèche, la messe de minuit, l'émerveillement, les chants de Noël, les hautbois et musettes, le calendrier de l’Avent, les cadeaux, les étoiles, les santons, les sapins et les souliers, les bergers, et même le Père Noël, au lieu de ce qui fait rêver, et qui nous grandit : trois peluches, de la laine, un tricot.
Dans le genre vaccin anti-chrétien.
Pas besoin de nous faire un dessin.

05 octobre 2006

l€s Sondag€s

Un mot, parce que j'ai été interrogé il y a peu, par téléphone, par un institut de sondage.
Première fois de ma vie. La donzelle qui lisait péniblement son questionnaire, bon... Mais ses questions étaient lues, comme en 6e. Et sans aucune possibilité de se faire préciser quoi que ce soit, puisqu'écrites - subtilement écrites même, pour nous inciter à répondre de manière non libre et orientée. La seule possibilité fut d'appuyer sur la touche replay, qui, celle-là, a fonctionné admirablement, une fois : la pauvre, j'ai fait ce job moi aussi il y a 10 ans...
Bref, le sondage émanait d'un institut européen dont je n'ai pas retenu le nom puisqu'il m'a été rapidement donné en intro et qu'à vrai dire, la majesté s'imposant à tout Français de la supériorité du Sondage dans le jeu démocratique, oblige à s'incliner sans rechigner, à la seule idée que l'on sera l'un des heureux membres de l'opinion publique française... Pouah !
Bref encore, ledit sondage portait sur l'euro, la monnaie, et accessoirement sur l'endettement de la France (cherchez la femme...).
Entre des questions ultra-pointues qu'un économiste aurait hésité à se poser à lui-même, et des questions lambda attendues depuis longtemps, du type: 'pensez-vous que le passage à l'euro a été une bonne chose ?' ou 'd'après vous, la France est-elle gravement endettée ?' ont été habilement transformées pour que l'on soit à demi satisfait et que l'on réponde, comme voulu, dans l'idée d'une vraie question mais avec une fausse réponse... à côté de la plaque, quoi.
Juste ce qu'il faut pour être dans le panneau. Des questions brêles qui obligent à répondre oui, alors que le problème posé n'est pas le bon, et qu'une répartie : 'autre possibilité' ou : 'ça ne se pose pas comme question, c'est stupide' était seule à envisager. Bah, j'ai plus d'exemples en tête, mais vous auriez tout de suite compris...
Mais le plus curieux a été, qu'à la suite de cette expérience, voilà que, soudain, je me suis moi-même posé des questions:
  • d'abord, pourquoi ne pas mettre de serveur vocal ? Maintenant que les appels sont gratuits chez la totalité des opérateurs (puisque les abonnements forfaitaires), et que les questions sont posées mécaniquement sans pouvoir dire/penser autre chose que oui ou non, pourquoi ne pas mettre un joli timbre de voix avec le fameux 'appuyez sur la touche 1 pour répondre oui' ou bien 'appuyez sur la touche étoile pour réitérer la question'... on aurait ainsi la possibilité de contacter des milliers de Français grâce à un seul robot, et il suffirait juste d'une invite humaine au décrochage du téléphone pour nous présenter en deux minutes l'objet du questionnaire, et recueillir l'assentiment des veaux que l'on met aussitôt sur serveur vocal automatique... Non ?
  • deuxio, comment se fait-il qu'on ne pose jamais, à la fin de tout questionnaire, la question suivante : 'êtes-vous satisfait par ce sondage, par sa formulation, par ses questions ?' en bref, est-ce que d'après vous, vous avez répondu à un bon questionnaire, auquel cas, nos politicos et nos journaleux auraient la spontanéité et l'honnêteté intellectuelle de préciser à la fin de leur speach : 'précisons toutefois que... 80% des personnes interrogées ont trouvé ce questionnaire non-valable et stupide....' ce qui serait, une réponse plus précise aux multiples interrogations qu'ils se posent, les uns comme les autres, sur les préoccupations de leurs concitoyens.

la boîte à idée ? On n'a pas idée !

10 septembre 2006

Google Books : quand les Ricains débarquent en Mittérandie...

Des voix s’élèvent contre le programme lancé par Google de diffusion à grande échelle, de milliers de livres ou parties de livres numérisés, et ce, au détriment de nos petits programmes de scannages nationaux.

Voilà bien de quoi rire.

Quand on songe aux efforts des fonctionnaires de la BnF, imbus de démocratie et soignés par leurs salaires, oeuvrant pour un concept de culture libre et ouverte à tous ! Etonnants petits fonctionnaires soviétoïdes, dirigeant une si noble institution et soudain dépourvus d’argument lorsqu’un journaliste les interroge sur le projet californien. N’ayant plus de mots. Qu’une mine de derniers de la classe. Flouzés par un concurrent plus rapide, et qui plus est, libéral!

Car, si l’on admet qu’avec l’argent intarissable de nos impôts, le projet français Gallica s’avère être une lente, très lente réussite, rien n’est pourtant moins concurrentiel, ni libre de mainmise idéologique qu’un projet culturel ‘officiel’ dans notre belle France d’aujourd’hui : les bastions que sont nos bibliothèques publiques, centres d’archives publics, musées publics, écoles publiques, paralysés par les syndicats d’ultra-gauche, gangrenés par des technocrates post-soixantehuitards, sont là pour nous le rappeler, au besoin.

On voudrait nous faire croire que Google Books est une menace institutionnelle et, bien sûr, idéologique. Cela ne s’invente pas : un petit malin a même sorti, à l’occase, le mot d’eugénisme documentaire. Les picadors du mittérandisme ne savent plus quoi inventer. Parler d’eugénisme documentaire pour ne pas oser simplement prononcer, tenez, le mot de nazisme culturel...

A croire qu’il y a une menace culturelle à trop vouloir numériser et proposer de livres. Car, qui fait le choix, la sélection des ouvrages? Tandis qu’aucun de ces intellos ne soulève le plus petit doigt, pour évoquer la présence écrasante de milliers de sites pornographiques. Tandis qu'aucun n'ose avouer l’intérêt relatif de millions de petites pages perso inutiles. Ou encore, tout simplement, ne désigne tout ce que le Net charrit comme produits et sous-produits culturels... Non, rien à craindre de ce côté-là. Par contre, passer de vieux in-folio poussiéreux sous les rayons d’un scanner... attention : danger !

Le problème de la numérisation des livres se pose, en effet, mais uniquement avec l’édition. Et il faut dire, il se pose de la même façon qu’à la presse celui d’Internet.

Aucun armageddon ne pèse, en vérité, sur les bibliothécaires qui n’ont pas attendu Google pour envisager leur retraite anticipée et dont les établissements, vides ou pleins, fréquentés ou pas, seront financés par nos impôts, quoi qu'il arrive. Les seuls menacés sont les éditeurs de livres, mais seulement ceux qui rééditent des classiques, des livres anciens, c’est-à-dire pas grand monde. Encore faut-il que nos dindons du politiquement correct, sachent ce que rééditer un livre ancien veut dire. N’attendant du passé que ce qui les arrange, les pastèques socialos préfèrent miser sur une offre contemporaine mieux encadrée, plus productive, plus maléable : tu penses !

L’autre vraie question qui se pose, et pour laquelle on nous engage encore sur une piste du type ‘halte au libéralisme sauvage !’ (s'agissant de culture c'est pas mal) c’est ce qu’il y a derrière la machine Google. Quelle est la charte déontologique et commerciale de Google, quel est son but ? Là dessus, pas besoin de chercher trop. On se doute que l’intérêt sera plus commercial que philanthropique, et que derrière encore, on aura à se poser des questions sur la pertinence et la sélection des ouvrages. Mais la concurrence c’est ça. Si t’as rien à proposer de mieux, c’est sûr que t’es perdu d’avance. Et en attendant de gagner, rien ne vous interdit de surfer chaque jour sur un moteur de recherche ultra-puissant, pour pas un rond. Rien ne vous empêche non plus de vous interroger sur la qualité de ce qu’on vous propose.

Mais dans la tête de nos intellos, on fantasme. On craint que la diffusion culturelle puisse être monopolisée, orientée, par une firme, ou par l’Etat américain. On gémit à l'idée qu’elle puisse leur échapper, qu'un fachisme s'installe (et s’ils voyaient le leur ?). Ils ne se rendent pas compte, qu’en exprimant leurs pseudo-phobies culturicides, ils nous révèlent leur angoisses sur des pratiques que nous subissons déjà, puisqu’eux-mêmes nous les imposent. Voyez le sort jeté aux quelques media de droite, que le Pouvoir cherche à noyer. Niant tout principe démocratique. Entre la numérisation par Google, du très-nocif Catalogue descriptif et raisonné des manuscrits de la Bibliothèque de Carpentras, et le projet de numérisation du journal l’Humanité par la BnF en tant qu’objectif prioritaire: là c'est sûr, on a le pied dedans.

Quant au vieux débat du Numérique contre le Papier, du bon vieux livre cédant la place à une lecture pixelisée sur écran 19’’ (sans parler du syndicat national des Ophtalmos qu’on a omis de mettre dans la course), il devient évident que cette guerre n’aura pas lieu.

Si la diffusion de l'intégrale de Victor Hugo ou des Fables de la Fontaine, est squattée par des Californiens, alors nos bibliothécaires feraient mieux de songer que, peut-être, numériser les vieux manuscrits qu’ils ont en réserve, les grimoires restés tus depuis des siècles, serait un contre-pied intelligent: cela permettrait d’innover et qui plus est, de préserver et promouvoir notre patrimoine. De ce côté-là, la matière première ne manque pas.

Il aurait donc mieux valu, avant de faire de la propagande autour de Google Books et d’interviewer nos technocrates, ou d’orienter le débat, commencer par lire ce signet de la Bnf ! On aurait su tout de suite de quel monstre il s’agit :

Google Books
Version beta du service de recherche de livres de Google (ex Google Print) qui permet d'effectuer des recherches dans le contenu de livres et de magazines. Pour l'alimenter, les membres du programme adressent leurs livres à Google qui en numérise la couverture, la quatrième de couverture, la table des matières et/ou l'index, la page "copyright" et quelques pages. Les ouvrages libres de droits de plus de 50 ans devraient pouvoir être consultés dans leur intégralité.Cela permet à Google de nourrir son index tout en stimulant les ventes de ses partenaires puisque les utilisateurs de Google Book Search sont incités à acheter les ouvrages proposés par des liens commerciaux menant vers des librairies en ligne.Google Book Search demande parfois aux utilisateurs de s'identifier à l'aide de leur compte "Gmail" pour pouvoir continuer la consultation des pages pour "des raisons de sécurité". L'interface de consultation est ergonomique.Si le projet a une vocation surtout commerciale, l'outil intègre plus de 15 millions d'ouvrages des bibliothèques de Harvard, de Stanford, de l'université du Michigan, d'Oxford et de la New York Public Library.

Et je n'ai pas d'actions à Google.

08 septembre 2006

Moule perlière

En parlant de diffusion culturelle, voici le genre de 'culture' que les rames du métro offrent journellement aux Parisiens :


C’est comment le Sri-Lanka ?
C’est vert
Et le Cameroun ?
C’est comme l’Auvergne, avec des girafes.
(Lauréat du 5e concours de poésie Ratp)

A côté de cestuy-là, au goût du regretté M. Devos...
Allez, on oublie tout, on oublie que ce texte est introuvable, même sur Google machin.
Et on lit. Tout ce que j'aime.
Sans plus de commentaire.


On est fort ému sur nos côtes normandes par les premiers essais qui viennent d’être faits d’une moule perlière. Il suffit, paraît-il, de placer une fausse perle à l’intérieur d’une moule pour que celle-ci, tout aussitôt surexcitée, secrète en quelques semaines une petite perle fort jolie et qui rappelle, à peu de chose près, la perle de l’huître. Ce seraît-là une véritable fortune pour nos pêcheurs normands. Ajoutons même que, dans les ports de guerre, les moules qui ont séjourné sur de vieilles coques en cuivre et qui sont dangereuses pour l’alimentation fournissent une perle dorée du plus bel orient.

A propos de ces moules perlières rappelons une anecdote amusante : lorsque le fait fut communiqué à l’Académie des Sciences, une petite revue provinciale qui s’intitule modestement Le Relèvement de l’élevage avait repris cette information d’une façon véritablement imprévue. Par suite, sans doute, d’une faute de transcription, le rédacteur agricole de cette revue avait compris qu’il s’agissait de poules merlières, et vous voyez d’ici les développements imaginés par ce folliculaire départemental ! D’après lui, la poule merlière, issue d’un judicieux croisement, sifflait comme le merle pour appeler ses petits, ce qui est plus gracieux que le caquettement habituel. Détail plus intéressant encore : elle pouvait siffler le chien de la ferme lorsqu’un renard s’apprêtait à dévaster le poulailler. Mais laissons ces folies et parlons de choses sérieuses.

Toujours à propos de ces moules perlières, il paraît que pour obtenir de bons résultats, la fausse perle provocatrice n’est pas indispensable. Il suffit d’exicter la moule en perçant un tout petit trou dans sa coquille et ces piqûres peuvent se faire très rapidement à la machine. Les moules piqués à la machine sécrètent tout aussitôt de la nacre autour du trou et produisent ainsi de jolies perles. Signalons, toutefois, que certains éleveurs cupides, ayant par trop multiplié les trous, les moules se sont contentées de produire de simples boutons de gilets de flanelle, ce qui est, on l’avouera, une leçon et un exemple.

Il convient de signaler dans le même ordre d’idées, deux inventions nouvelles issues de la moule perlière, plus réelles celles-là que la poule merlière et qui sont appelées, je crois, à faire quelque bruit.

Il s’agit tout d’abord de la poule perlière, utilisée dès maintenant par les pêcheurs normands pour récolter les perles artificielles que l’on développe dans la coquille des moules. En quelques heures, les intelligents gallinacés perchés sur les rochers, se saisissent des perles qu’ils aperçoivent dans les moules entrouvertes et qu’ils prennent naïvement pour de petits grains de mil. On peut ainsi, grâce à ces intelligentes bestioles, recueillir en une matinée des milliers de perles, dont la main de l’homme chercherait vainement à s’emparer au cours de chasses fatigantes et fastidieuses. D’un simple mouvement du bec, la poule pique la perle, l’avale, et il suffit ensuite de laver les sous-produits du poulailler pour que les braves pêcheurs normands recueillent le fruit de leurs peines.

A côté de ces poules perlières véritablement si remarquables, il faut également signaler les utiles services que rendent à la navigation les nouvelles moules perlières placées sur des dangereux récifs. Les marins ont déjà baptisé de ce nom les moules qui, percées de petits trous pour la culture des perles, rendent un son étrange, analogue au sifflement du merle. La moule percée de trous ressemble beaucoup à ce bizarre petit instrument de musique qu’on appelle ocarina.

Lorsque le vent souffle, lorsque la tempête fait rage, les moules percées de trous font entendre un sifflement sauvage qui avertit les navigateurs et écarte leurs nefs des dangereux récifs où elles allaient se briser. C’est ainsi que l’industrie nouvelle de la moule perlière rend de signalés services à l’humanité et l’on peut prévoir que dans un avenir prochain, les moules merlières remplaceront avantageusement les phares et les sirènes actuellement en usage.

Les chasseurs s‘intérèssent, un peu partout, à un nouvel appât qu’annoncent certains catalogues sous ce nom : perles pour lièvres.

Il s’agit d’une petite perle « en imitation » que l’on place dans les clairières et qui évoque par la forme, sinon par la couleur, l’aspect des sous-produits du lapin. Le lièvre, étonné par ces petites boules nacrées qu’il ne connaît pas, s’arrête, regarde, flaire, et rien n’est plus facile que de le tirer à ce moment-là. Notons, à ce propos, qu’il faut bien se garder de confondre la perle pour lièvres avec la moule perlière qui produit les perles moulières et avec les poules merlières dont nous vons parlé plus haut. Il ne faut pas confondre non plus avec les moules merlières imitant l’ocarina et les poules perlières qui évoquent douloureusement le souvenir de la charmante fable Le Coq et la perle et servent, on le sait, en qualité de poules merlières, à rechercher les perles artificielles que l’on cultive dans le moules. Ajoutons, enfin, que la même distinction s’impose avec les nouveaux merles pour lierre utilisés par les agriculteurs pour détruire les lierres qui étouffent les arbrisseaux et que l’on fait passer d’un arbre à l’autre, lorsque leur travail est terminé, en leur lançant des projectiles inoffensifs que l’on appelle les pierres molles pour merles.

Evidemment, à la réflexion, aucune confusion n’est possible, mais un simple ‘lapsus calami’ dans les commandes pourrait entraîner de regrettables erreurs.

Gaston de Pawlowski.

22 juillet 2006

de la jaquette

comme on les aime







20 juillet 2006

Le film, la musique, émoi. Et toi sans musique, bon film ?


Missa pas cinéphile, mais missa dit voussa savoir musicologue missa Goungan. Donc, moi parler bwana de musiques de films.

En attendant que ce blog ne s’achève en pneu, en pissoir, en parfum agrumes : vous saurez tout des films à musique qui m’ont plu. Histoire de rappeler quelques bons titres, quelques bobines de valeur, quelques compositeurs.

Parce que vous le valez bien.




Flash-back numero un. Avec une remarquable Leçon de piano (The piano). Musique inspirée de thèmes écossais dit-on - forcément séculaires, enlevée par Michael Nyman. Faut dire que le piano est un argument de poids, un sumotori, dans le succès de pas mal de films. Voyez du côté des derniers césars, le Pianiste, De battre mon coeur ... et son orchestre.

L’instrument au coeur du film, n’est pourtant pas une garantie de succès : dans De battre mon coeur (quatre mots si snobs) le piano est un char à voile, un rapiéçage de scénar censé récupérer la fadeur des personnages. On l’a dit – mais est-ce vrai ? la musique fait le film, le film ne serait plus grand chose sans la musique.

Dans le dernier des Mohicans (The last of the Mohicans -excusez, je traduis pour les ricains :), d’inspiration (houp-là mes ayeux) irlandaise, de Trevor Jones avec la poursuite finale, le promontoire et le suicide de la môme, les mélodies concentriques : là, vous êtes sur les terres du clan Campbell. Même chose avec Fargo, avec tout ce qui est d'essence celtique. Loin devant les tam-tam et les cris saoûlants d'Afrique.


Plus récemment, le Pont du Roi Saint-Louis, (The Bridge of San Luis Rey), partitionné par l’argentin Lalo Schifrin : curieux mélange de musique classique d'époque classique et de sonorités péruviennes, curieuse histoire d’une BOF plombée par l’échec d'un film qui repose pourtant sur un scénar de grande originalité, tout le reste a foiré : le casting, les dialogues, les scènes, les perspectives, l’intérêt du 'truc'.
Une BOF savamment occultée : à ce point qu’on ne la trouve ni en vente, ni répertoriée sur internet, ni même citée dans la discographie officielle du compositeur – déjà célèbre - qui a pourtant un site qui lui est entièrement dédié. Honte ou injustice ? les deux, bien sûr. Mais la traversée du pont à la centième minute, est un sommet d'émotion que seule une bonne musique pouvait rendre (c'est bien peu pour tout un film, vous me direz).

Saluons le Fabuleux destin d’Amélie Poulain, - sans être bégueule - de Yann Tiersen, succès populaire mérité. L’accordéon, c’est fait pour ça, mon lapin. On n’y reviendra pas, ni sur les quais de la Marne. Ou plutôt si : rendre à l'accordéon une place de choix dans le paysage musical français, l'assumer.


Philipp Glass compose un chef d’oeuvre dans ‘The Hours’. Un film marquant.

Chaque film que l'on aime est un reflet de notre existence. Parmi tous les films produits, il est probable que chacun trouve un jour celui qui le bouleverse; et puis ça change, car on évolue, on grandit, on sort du piège émotionnel. Beaucoup ont reconnu que la musique portait le film de bout en bout, une musique magnifiquement adaptée à la dramaturgie, grâcieuse et triste, mais dense, l'alternance de deux notes est obsessive, presque limite : mais ça marche.

Pour les soldes d'été, signalons: la Planète des Singes de Tim Burton, mais seulement le générique d’intro, magnifique, le rêve tout en quilles à la vanille du Big Lebowski (Kenny Rogers), Going to Zone dans Metropolis (le jazz New Orleans à la japonaise : qui l'eut cru !), le final de Crash (Stereophonics), la bande-annonce de Lady Vengeance, ou celle de Palais-Royal, juste pour Donna Hightower et le bon vieux tube: ça fait quand même short du 7e art.

Comme si, d'un fromage, on ne mangeait toujours que la croûte...



Passons aux grands : La petite sorcière (Majo no Takkyubin - Kiki’s delivery service) de Joe Hisaishi, MA BOF préférée (pas ma voisine).

Elle aussi introuvable en France : et pourtant tous les morceaux qui composent l’album sont des bijoux, folklo, recréatifs, aboutis, originaux. Zoom sur ce film : 17 ans que cette merveille est cachée aux Français, comme tous les films de Hayao Miyazaki si remarquables. Dessin animé (pardon Manga !) conte de fées, un peu initiatique, un peu tout : Heïdi, la vache et le prisonnier, Tintin... Catapulte vers l'imaginaire, vers le rêve. Avec une mention Très bien pour le doublage en français, pour l'ambiance, le respect des traditions, de la nature, de nos mentalités: décors, modes de vie, aspirations, la Gütiokipänja d’Osono : c’est à se demander comment les Japs savent tout ça, comment ils absorbent notre monde, entrent dans notre imaginaire (ou nous dans le leur ?).

Exit les nippons qui se la jouent artistes à Paris, les cheveux décolorés, nonchalants, le visage inexpressif, le look pourri, marchant comme des mannequins, la mauvaise caricature quoi. Dessin animé où l’héroïne a la naïvité et la fierté de sa jeunesse, pérore, se trompe, va aux chiottes, frôle de vieilles tractions à la Hergé, rencontre des personnages sains, respire le vrai.
Deux mots pour clore rapido : La jeune fille à la perle (Girl with the pearl earing) nous amène un Alexandre Desplat sur un plateau d’or. Un très beau film, à savourer près du feu de cheminée qu'on n'a pas, en hiver.

Le talentueux Mr. Ripley (The talented Mr. Ripley) de Gabriel Yared. Oeuvre musicale pour thriller vachement inspirée de la première adaptation avec Delon, mais quand même, bien renouvelée et redéployée. Tous les schémas sont possibles en somme : soit la musique grandit un film, soit elle l'abaisse (exemple, les Stars Wars : au générique, on n'en veut déjà plus), soit l'empêche de s'envoler, ou de sombrer.

Pour tous ces rares chefs-d’oeuvres donc : merci les artistes. Pour les autres, ceux qui réclament des droits et des salaires sur le macadam et ne se lavent pas les cheveux : qu'ils aillent se faire foutre !!